L’Andalousie en diagonale…
Semaine 2
La météo nous a obligés à modifier un peu notre itinéraire. Du coup, on a abandonné les hauteurs de la Sierra de Cazorla pour rejoindre la côte, près du Parc naturel de Cabo de Gata-Níjar, avant de retourner vers l’intérieur des terres et le désert…
Départ
Arrivée
Distance
Sierra de Cazorla (ES)
Torre del Mar (ES)
758 km
Il y’a des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter, et la météo en est une. Un front de tempête est passé sur l’Andalousie, avec une chute drastique des températures (jusqu’à 5ºC de maxima) et de fortes précipitations. Ceux qui ont déjà fait l’expérience d’une « crue soudaine » comprendrons que, face à un tel pronostic, c’était peut-être pas la meilleure idée d’aller visiter un désert… Du coup, on a rejoint la côte, tout près du Parc naturel de Gabo de Gata-Níjar, puisque les prévisions semblaient un peu meilleures en bord de mer…
Mais avant d’arriver là, nos espoirs d’apercevoir un ou deux bouquetins ibériques ont été plus que comblés ! Marvin était littéralement encerclé de bouquetins les deux matins que nous avons passés à Cazorla, et nos balades sur les crêtes nous ont aussi permis d’en observer quelques groupes de plus (principalement des femelles et des jeunes). Un moment d’exception dans un paysage spectaculaire (note: nous faisons nos photos avec des iPhones, ce qui explique que la qualité des images soit un peu réduite avec le zoom au maximum…)
Pour ceux qui se poseraient la question, oui, le bouquetin ibérique est un proche cousin de celui que l’on trouvait, jusque dans les années 1990, dans les Pyrénées… Le « bucardo » (Capra pyrenaica pyrenaica) était, lui aussi, une « cabra montesa »… L’espèce a été déclarée En danger critique d’extinction par l’UICN en 1997, le dernier mâle mourait en 1999, et le 6 janvier 2000, la dernière femelle (Célia) était retrouvée morte en Espagne. Elle est conservée au centre d’interprétation de Torla-Ordesa pour que les générations futures n’oublient pas cette espèce, victime d’une chasse excessive…
Pour éviter de passer trois jours dans la tempête à 1.600m d’altitude (même entourés de bouquetins…), nous avons donc décidé de redescendre et de nous rapprocher de la côte d’Almeria, en faisant d’abord une étape à Velez Blanco, où nous en avons profité pour faire un peu de tourisme culturel: visite du château, procession du dimanche des rameaux et… restaurant de spécialités du coin ! 😁
Et après ce dimanche bucolique, il ne nous restait plus qu’à pousser un peu plus au sud pour arriver jusqu’à la mer !… Dans le Parc naturel de Cabo de Gata-Níjar plus exactement, au pied de la Mesa de Roldán (la Table de Roland, celui là même qui a fait une brèche dans les Pyrénées avec son épée Durandale…). Un endroit impressionnant, à deux pas de la Playa de los Muertos, où quelques petites criques se glissent entre des falaises de plus de 50m au dessus de la mer. Pour la petite histoire, la Playa de los Muertos doit son nom au fait que, par le passé, lors de naufrage, les corps des marins noyés refaisaient généralement surface ici, du fait des courants… Aujourd’hui, la plage est plus connue pour les deux énormes blocs de basalte qui sont venus s’y planter, après s’être détachés de la falaise juste au dessus… Dommage qu’Holcim ait eu la bonne idée d’installer une énorme carrière de ciment, avec accès direct à la mer, juste à l’autre extrémité de la plage… 😒 Et comme si on n’en avait pas vu assez à Cazorla, c’est là, au bord de la Méditerranée, qu’on est tombés sur un autre groupe de bouquetins, juste à quelques pas de Marvin !…
À choisir entre le vent ou la pluie, et après une nuit ventée sur notre promontoire marin, on s’est dit que, tout compte fait, c’était aussi bien d’aller dans le désert… Direction Gorafe, donc, où après avoir vérifié auprès de Madame la Maire s’il n’avait pas trop plu les jours précédents, nous avons traversé les Badlands de Negratín (en anglais dans le texte, même pour les locaux) pour aller nous installer face aux Coloraos (en andalous dans le texte 🤣). Deux jours dans un décor immense et sauvage, entre canyons et pinnacles dignes de l’ouest américain et des couleurs changeantes au gré des nuages. Un endroit tout simplement… WOW ! Difficile de faire un choix dans les dizaines de photos que nous avons prises, rien que depuis la fenêtre de Marvin !… On y a passé deux jours, mais on serait bien resté plus longtemps s’il n’avait pas fallu refaire le plein d’eau et surtout, avancer un peu plus vers le sud…
C’est aussi dans le désert de Gorafe que nous avons eu notre première expérience de « sauvetage »… Un van suisse qui s’était retrouvé en travers d’une piste très pentue et avec un précipice d’une cinquantaine de mètres juste derrière… Nous avons surtout apporté un soutien moral (étant données nos connaissances techniques… 🤓), mais nous avons eu l’opportunité d’apprendre de Dessa et Michel, un couple allemand qui, eux, en savaient beaucoup plus que nous et, grâce à leur van situé du bon côté (à la différence de Marvin), on pu remettre le van suisse dans une trajectoire un peu moins précaire pour qu’il puisse redescendre en marche arrière et repartir par là où il était venu…
Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, nous sommes finalement retournés à la civilisation avec une courte visite de Guadix, sa cathédrale, sa place de la Constitution et… son quartier troglodyte, le plus grand d’Europe avec 3.000 personnes qui vivent là, sous terre, de façon permanente… Étrange architecture visiblement très répandue dans la région puisque les quelques villages que nous avons traversés sur notre route avaient tous, eux aussi, des maisons creusées dans l’argile dont seule la façade principale et une ou deux cheminées ressortaient…
La plupart des gens vont à Granada pour voir l’Alhambra… Pas nous. D’abord, parce que nous l’avons déjà vu, et ensuite, parce qu’après une dernière étape dans le Parc naturel de la Sierra de Huétor avant d’arriver à Malaga, ou plus précisément à Torre del Mar, pour un petit weekend familial, il nous a semblé beaucoup plus important de faire un détour par Santa Fé pour y goûter les mondialement célèbres « Piononos », un petit gateau inventé par un pâtissier du village en l’honneur du Pape de l’époque (Pie IX), et que le roi Alfonso XIII n’a pas manqué de déclarer patisserie officielle de la Cour d’Espagne. C’est plutôt pas mal… et ça passe très bien avec un petit café de 11h… 😜
Allez… petite pause d’un weekend avant de reprendre la route pour Tarifa, lundi…
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
2.126 km
349 L
2





























































Me encanta todo!
Bonjour Sebas, Martine vient de m’annoncer l’existence de ce blog ! Je vais donc découvrir par une belle journée pour… Lire la suite »