De la Terre à Mars, avec deux gros matous…
Nous voici repartis vers l’intérieur des terres, après ces quelques jours au bord de l’océan à profiter des grandes plages, à visiter le Parc national de Doñana et à voir deux adorables lynx dormir dans leur abri avant de partir pour une autre planète…
Départ
Arrivée
Distance
PN Doñana (ES)
Minas de Río Tinto (ES)
374 km
Après deux jours dans le parc de Doñana, on est arrivés à la conclusion que c’était sans doute l’endroit le mieux gardé de toute l’Espagne (après la banque centrale, peut-être)…
Pour simplifier, le parc de Doñana fait 543 km2, auxquels il faut rajouter le Parc naturel de Doñana, qui l’entoure (une sorte de cocon qui protège le parc national). Les deux espaces sont entièrement grillagés, et à l’intérieur du premier se trouve la Réserve biologique de Doñana, la zone la plus protégée, elle aussi grillagée. On en est déjà à 3 lignes de grillage… Une poignée de pistes rentrent dans les différents espaces, mais toutes sont des pistes de sables et ne sont donc praticables que dans de bonnes conditions, par des véhicules préparés pour rouler sur du sable meuble. De toutes façons, aucun véhicule privé n’est autorisé dans le parc, et seuls ceux de l’administration (gardes du parc, police, Junta de Andalucía) peuvent y accéder. Et pour les petits malins qui tenteraient de rentrer à pied, des caméras ont été installées à tous les points d’entrée possibles, ainsi qu’autour des quelques bâtiments construits dans le parc. Autant dire que si on avait pensé passer une nuit dans le parc avec Marvin, autant oublier tout de suite !
Pourtant, une discussion avec une guide du parc, ce matin, nous a confirmé que les grandes menaces ne viennent pas vraiment de possibles intrusions, mais plutôt de facteurs plus insidieux, comme les changements climatiques (qui affectent drastiquement la quantité d’eau disponible dans les marais de Doñana, et donc, la quantité d’oiseaux qui y séjournent) et les kilomètres et kilomètres carrés de cultures de fraises et autres arbres fruitiers que les autorités locales et provinciales ont laissé s’installer aux abords du parc (et certaines, clairement de l’autre côté du grillage). Toutes ces cultures font que l’eau qui arrivait autrefois dans les lagunes les plus petites du parc n’y arrive plus. Ces lagunes sont sèches depuis des années, et les oiseaux sont partis chercher leur subsistance ailleurs…
Et le lynx dans tout ça? Les choses ne s’annoncent pas vraiment mieux pour l’animal le plus emblématique du parc (voire d’Espagne), même si le programme d’élevage en captivité que le parc a initié il y’a plus de 20 ans commence à porter ses fruits. L’espèce reste encore fragile et même si sa récente reclassification par l’UICN en espèce « En danger » (au lieu d’En danger critique) pourrait laisser penser à une amélioration, les choses ne sont pas si simples sur le terrain: manque d’espace, manque de fonds, apparition de maladies et malformations chez les animaux nés en captivité, etc, etc. Là encore, le futur est incertain. L’écosystème de Doñana change sous les effets des changements climatiques à une vitesse qui surprend même les scientifiques locaux, et la conséquence logique pour le lynx serait de migrer vers le nord au fur et à mesure que son habitat se déplace, mais… comment migrer quand tout est déjà occupé par des serres et des plantations de fraises, tout autour?
Doñana est donc une sorte de prison dorée. Une forteresse impénétrable qui tente de faire face à un futur incertain par son isolement, mais que ce même isolement pourrait malheureusement finir par étouffer…
Avec notre guide, ce matin, on a quand même eu l’occasion de voir deux lynx. Deux adultes qui ont contribué au programme d’élevage en captivité mais qui sont aujourd’hui trop vieux pour se reproduire, et qui sont donc utilisés pour sensibiliser à la cause de leurs congénères. Ils étaient plutôt loin (d’où le fait qu’on n’ait pas de photos), et ils étaient surtout placidement endormis l’un contre l’autre dans leur abris, comme des grands parents au coin du feu qui regardent grandir leurs petits enfants en espérant que le futur leur laisse une chance de vivre ce que eux ont vécu…
Nous sommes aussi allés rendre visite à la Vierge du Rocío, la Mère des Marécages… Toute une figure locale. Et avant de repartir vers le nord-est, nous avons fait une escale à Palos de la Frontera pour voir les trois caravelles de Christophe Colomb puisque, comme expliqué dans un post antérieur, c’est de là que Colomb est parti quand il a découvert l’Amérique… On passera vite sur cette étape parce que… franchement, on a eu comme un petit sentiment d’arnaque… D’abord, l’endroit est en rénovation (on n’a donc pas pu y rentrer)… Mais surtout, c’est un endroit payant qui permet de voir trois répliques des caravelles de Colomb, en plus d’une reconstitution d’un village de pirates et autres décors dignes de Disney World… Autant dire, une petite déception…
Du coup, on a décidé de changer de planète pour le weekend ! Direction Mars, ou ce qui s’en rapproche assez, par ici, pour que la NASA y installe un laboratoire d’étude de la vie sur la planète rouge. Nous sommes dans les mines de Rio Tinto, qui ont donné leur nom à l’entreprise minière internationale homonyme. Au total, un peu moins de 25 km2 de mines à ciel ouvert, certaines abandonnées, d’autres encore en exploitation, qui font de ce paysage un endroit assez incroyable. Le taux de sulfures y est extrêmement élevé, et la rivière Rio Tinto a une couleur rouge et ocre (en plus d’une eau mousseuse), comme les sources ferrugineuses de montagne. C’est du cuivre que l’on exploite ici, et de l’endroit où nous nous sommes installés, nous pouvons voir ce qui ressemble, à première vue, à une montagne, mais qui est en fait la zone où l’entreprise exploitante empile des tonnes et des tonnes de débris miniers depuis des années, ce qui forme un « tas » plus haut que les montagnes autour… Demain, on ira explorer un peu les environs pour partager plus de photos…
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
2.929 km
461 L
2






















Muy interesante. Y triste lo de la carcel dorada Doñana…