En Sibérie…
Il existe une région d’Extrémadure où coïncident cinq écosystèmes, en plus de vautours, de cigognes et de moutons qui partagent la même couleur : le noir….
Départ
Arrivée
Distance
Alange (ES)
Cerro Masatrigo (ES)
137 km
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
3.322 km
521 L
2
Il y’a de cela bien longtemps, cette région s’appelait « Los Montes y los Lagos » (les Montagnes et les Lacs), jusqu’à ce qu’un ambassadeur espagnol qui connaissait les steppes des tsars dise que cette terre de Badajoz lui rappelait celle de la Russie. La comparaison plut, et elle devint la norme.
Nous sommes en Sibérie. En Sibérie extrémègne, certes, mais si on oublie de préciser, ça peut passer… 😜 Au fins fonds de l’Extrémadure se trouve donc une région étonnante dont les steppes s’étendent à perte de vue, entre lacs et montagnes. L’étape d’aujourd’hui n’était censée être qu’un trait d’union dans une boucle qui nous portera jusqu’aux limites de l’Extrémadure, mais elle nous a permis de découvrir ces paysages vallonés étonnants et surtout, le Cerro Masatrigo, à côté duquel nous passerons la nuit, sur les rives du lac de retenue de La Serena.
À l’échelle locale, le Cerro Masatrigo est une montagne… Si on veut pinailler, on devrait sans doute dire que c’est une espèce de colline dont la particularité est sa forme parfaitement conique, qui émerge de l’eau de façon si géométrique qu’on pourrait presque douter de sa « naturalité ». Et pourtant, la main de l’Homme n’est aucunement intervenue ici, et le cone du Cerro Masatrigo n’est l’oeuvre que de Mère Nature. Bon, ok, le fait qu’il émerge de l’eau, ça, c’est la main de l’Homme… si Franco n’avait pas fait construire toute une série de barrages dans le coin (faisant de la région la zone d’Espagne possédant le plus grand littoral intérieur), le Cerro Masatrigo n’émergerait pas de l’eau telle une Venus sur sa coquille… Avec la route qui l’entoure à sa base, le Cerro Masatrigo est, de fait, le rond point le plus grand d’Espagne, avec ses 1,3 km de diamètre…
Dans cette Sibérie là aux multiples couleurs, on trouve aussi des moutons mérinos noirs (la tête est noire… pas la laine… 🤓) et le village natal du Géant d’Extrémadure, Agustín Luengo, qui avec ses 2,35 m fut le deuxième espagnol le plus grand de l’histoire, et le plus grand de son époque (1849-1875), au point que le musée d’anthropologie de Madrid lui paya une rente pendant toute sa vie en échange de pouvoir récupérer son squelette, une fois mort… Si on rajoute à ça des dizaines de cigognes et de vautours fauves (et un balbuzard pêcheur), on aura largement de quoi s’occuper les yeux avant de continuer demain pour notre prochaine étape… 😉

















De verdad, qué belleza