La fièvre de l’or…
On en parlait depuis quelques jours alors voila, pour en finir avec la Vía de la Plata et le passé glorieux d’Astorga, aujourd’hui, on a poussé quelques kilomètres plus à l’ouest pour arriver aux mines d’or (romaines) de Las Médulas… Un paysage étonnant, surtout quand on pense à comment on en est arrivés là…
Départ
Arrivée
Distance
Embalse de Villameca (ES)
Embalse de Bárcena (ES)
145 km
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
4.649 km
733 L
3
Au départ, il y’avait une montagne, ou plutôt, une grosse colline, ou peut-être même plusieurs. Les Astures, peuple indigène préromain qui vivait par là, avaient bien compris que les sables rouges de la zone renfermaient plus que des conglomérats et extrayaient donc un peu d’or des ruisseaux pour en faire des bijoux, des broches ou des bracelets. L’info arriva aux oreilles de Rome qui, dès le IIe Siècle a.C avait envahi la province et recruté les Astures comme mineurs pour continuer à extraire l’or de Las Médulas, mais à plus grande échelle.
Les besoins en or des romains étaient largement supérieurs à ceux des Astures, au point que Las Médulas se convertirent en la plus grande mine d’or à ciel ouvert de l’empire, et que l’empereur Auguste lui-même supervisa les travaux pour établir une ville Asturica Augusta (aujourd’hui Astorga) pour pouvoir contrôler et garantir la sécurité de l’or de Las Médulas vers le reste de l’empire, et jusqu’à Rome, en passant entre autres par Emerita Augusta (aujourd’hui Mérida) via la Vía de la Plata qui reliait les deux cités.
Entre le Ier Siècle a.C et le IIIe Siècle, les travaux d’ingénierie réalisés par les romains pour extraire le minéral selon la méthode du ruina montium ont entraîné une telle altération de l’environnement que les collines initiales ont aujourd’hui disparu et ont été remplacées par un paysage de sables rougeâtres, partiellement recouverts de châtaigniers et de chênes. Un paysage qui reflète les modifications engendrées par les travaux d’exploitation, depuis la disparition des montagnes et la canalisation de leurs débris vers des endroits spécifiques pour tamisage et filtrage ultérieurs, jusqu’à la création d’un lac artificiel grâce aux sédiments accumulés, le lac Carucedo, ainsi que l’immense infrastructure hydraulique construite, avec plus de 400 km de canaux dont certains de plus de 100 km de longueur.
Pour extraire l’or, les romains utilisaient donc la technique du ruina montium, qui consiste à creuser des tunnels sans issue dans la montagne puis de les remplir progressivement d’eau pour ramollir les sables d’argile jusqu’à ce que la montagne s’effondre sous son propre poids. Il ne reste alors plus qu’à tamiser les décombres et en récupérer l’or…
Le résultat fait un peu penser à un Bryce Canyon en miniature (surtout avec de la neige, d’après les photos qu’on a pu voir dans le village). Difficile d’imaginer, en se promenant entre les cheminées de sables rougeâtres qu’il y’a eu un jour une colline ici, et que tout ce qui manque a été soigneusement gratté, effondré et ratissé par les romains pour en extraire de l’or… En 1997, l’UNESCO a déclaré Las Médulas site du Patrimoine mondial. La délégation thaïlandaise s’est opposée à cette décision, considérant que le site est le résultat d’une activité humaine destructrice et qu’il était préjudiciable à la cause de la protection de l’environnement. L’Allemagne et la Finlande ont souscrit à cette position.
Loins d’avoir un avis tranché sur la question, nous dormirons ce soir un peu plus à l’est, sur les rives d’un autre barrage, celui de Bárcena (un peu moins joli que celui de ce weekend du fait des deux énormes cheminées qui ont été plantées juste sur l’autre rive, mais pour une nuit, on devrait pouvoir survivre… 😉).

















Qué cielos tan azules han tenido. Qué belleza todo eso. E interesante lo de la historia de los romanos estos,… Lire la suite »