Ongi etorri Euskadira…
Entre deux averses, on a décidé de reprendre la route pour échapper à une course de VTT qui devait passer, dimanche matin, tout juste devant notre lac, à Alsa… Nous voici donc repartis vers l’est, cette fois, pour rejoindre… le Pays Basque (Euskadi, pour les intimes) et d’un petit saut de puce de plus (ok, une grosse puce quand même…) passer la frontière et rejoindre la France !
Départ
Arrivée
Distance
Embalse de Alsa (ES)
Saint Martin d’Arrossa (FR)
400 km
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
5.548 km
882 L
4
La météo s’est un peu améliorée, au cours du weekend, ce qui nous a permis, entre deux averses, de faire le tour du lac au bord duquel on s’était installés en fin de semaine dernière (c’est pas un très grand lac… 14 km de circonférence). L’endroit est plutôt joli, mais le vent et les températures glaciales (le lac fumait se matin, tellement il faisait froid ! 🥶) n’invitaient pas vraiment à la balade. En plus, dimanche matin, les gens du village un peu plus bas ont eu la bonne idée d’organiser une course de VTT qui passait juste devant l’endroit où on s’était garés… Trop d’interactions sociales pour nous, alors on a décidé de partir plus tôt que prévu, et de profiter du dimanche pour aller visiter une dernière grotte (la dernière pour l’instant… promis ! 😅). Du coup, on a quitté la Cantabria (en faisant la photo du panneau qu’on avait manqué à l’entrée) et on est retournés pour une matinée à Castilla y León, pour arriver jusqu’à l’Ermite de Saint Thyrse et Saint Barnabé. Avant ça, on est passés tout près de la source de l’Ebro, le pauvre fleuve qui, avant de traverser toute l’Espagne pour se jeter dans la Méditerranée au sud de la Catalogne, ne parcourt que 9 km avant de rencontrer son premier (et immense) barrage… Le premier d’une longue série…
Ojo Guareña
L’Ermite de Saint Thyrse et Saint Barnabé est une de ces chapelles construites dans une grotte naturelle dont les curés ont eu, un jour, l’idée de boucher l’entrée avec une église… En fait, l’ermite fait partie d’un complexe karstique de plus de 100 km de galleries, creusé par la rivière Guareña, qui donne son nom au Monument Naturel Ojo Guareña (Oeil du Guareña). La grotte se visite et, après une brève introduction, on arrive à deux grands bénitiers en pierre qui recueillent chaque goutte qui tombe d’une stalactite, stratégiquement positionnée juste au dessus. Selon la légende, l’eau de la grotte est magique, et quiconque se frotte les yeux avec obtiendra, selon la version moderne, la guérison de tous ses maux ophtalmiques (y compris les lentilles de contact), et selon la version plus ancienne, le pouvoir de voir le présent et le passé, mais pas l’avenir. En contre partie, dans cette version plus ancienne, cette personne ne pourra plus quitter la grotte, et son don de vision sera alors son seul contact avec le monde extérieur… La morale de l’histoire résume bien l’esprit de la grotte: parfois, poursuivre un rêve est plus utile qu’y parvenir…
Légendes à part, la grotte d’Ojo Guareña a abrité de nombreuses générations de nos ancêtres, comme en témoigne le crane d’une petite fille découvert au fond d’un tunnel de la grotte et qui date du… Néandertal (-40.000 ans) !… Une autre découverte fut celle d’un crane de l’an 900 environ, trépané post-mortem pour y dessiner une croix sur le front. On ne sait pas encore comment cet homme est mort, ni pourquoi on lui a fait, après sa mort, une croix sur le crane, et il reste encore plein d’os dans la grotte dans la même situation…
Les derniers a utiliser la grotte ont été des curés, qui y ont construit une ermite dédiée à Saint Thyrse et Saint Barnabé. La particularité de cette ermite, c’est que sa voute est entièrement couverte de peintures représentant les différents martyres de Saint Thyrse (10 en tout), ainsi que les miracles qu’il aurait accompli. Les dessins ont le style typique du Moyen-âge, comme ceux que l’on trouve dans les livres de la même époque. L’atmosphère, la température et l’humidité constantes de la grotte ont fait qu’elles soient dans un état exceptionnel de conservation, et que l’ermite puisse encore être utilisées, quelques fois par an, pour y célébrer des messes ou des mariages…
Fait curieux, les petits hameaux autour d’Ojo Gureña sont organisés en une sorte de « communauté de communes » et, traditionnellement, les réunions du conseil municipal se tenaient sous un chêne « sacré » (encore visible au dessus de la grotte), puis dans une petite cavité de la grotte, juxtaposée à l’ermite. Cette dernière servait d’ailleurs à garder les archives municipales dans une armoire en pierre, au fond de la chapelle (sans doute toujours pour les mêmes raisons des conditions idéales de conservation)…
Après cette dernière grotte pour l’instant, direction le Pays Basque, et plus précisément sa capitale: Vitoria-Gasteiz (et non, la capitale du Pays Basque n’est pas Bilbao, pas plus que New York n’est celle des États Unis ou Sydney celle de l’Australie… 🤓). Ahhh ! Les joies des routes étroites et sinueuses du Pays basque… On avait presque oublié, depuis notre tour des Pyrénées… 😜
Plutôt que la vieille ville, que nous connaissons déjà, nous avons choisi de visiter le Parc Provincial de Garaio, site ornithologique d’un certain intérêt puisque c’est aussi un site Ramsar… Le parc en lui même est un peu trop « manucuré » pour sembler naturel, mais ses responsables semblent prendre très à coeur leur label Ramsar puisque la zone centrale du site (par déduction) est littéralement palissadée pour éviter tout vis à vis avec les voisins humains et permettre aux palmipèdes du coin de barboter tranquillement… C’est loin d’être le site le plus sauvage ou le plus beau qu’on ait trouvé jusqu’à présent, mais pour une nuit, ça fera bien l’affaire !…
PS: La photo principale de ce post représente Saint Thyrse en train d’être scié en deux. C’est l’un des 10 supplices qu’aurait enduré le martyre avant d’être « rappelé à Dieu »… Pour la liste complète, cliquez-ci dessous:
Les 10 supplices de Saint Thyrse…
Le premier supplice visible à Ojo Guareña survient lorsque le juge Cumbricio ordonne la dislocation des membres du saint, mais Saint Thyrse tient bon. Puis, dans la seconde, les soldats reçoivent l'ordre de lui arracher les cils, de lui couper les paupières et de lui déformer le visage pour se moquer de lui, mais le saint reste ferme dans sa foi chrétienne. Le magistrat, plein de colère face à cet échec, décrète qu'on lui casse les dents et qu'il soit fouetté, mais Saint Thyrse continue de subir le martyre. La quatrième torture se produit lorsque les sbires versent du plomb fondu sur Saint Thyrse, mais le liquide rebondit et éclabousse tous les spectateurs alentour. Dans le cinquième supplice, le juge établit le placement d'épées de façon verticale pour projeter contre elles le corps du saint, mais cela ne fonctionne pas non plus et Saint Thyrse en sort indemne.
La cinquième peine est prononcée par un autre juge, Silvain, qui décide d'ébouillanter Saint Thyrse dans un chaudron, mais le martyr se confie à Dieu et la bouilloire se brise. Au sixième martyre, un autre homme en robe entre en scène, Baudo, qui ordonne que le saint homme soit attaché avec des chaînes et jeté à la mer, mais des anges le détachent et le ramènent jusqu'au rivage. Le septième supplice est plus dur car le saint est emmené au cirque pour être dévoré par des fauves, mais ceux-ci se sont approchés de Saint Thyrse et ont léché ses blessures. Encore une fois, la colère du gouverneur exige qu'il soit fouetté dans le temple d'Apollon afin qu'il renonce au christianisme, mais lorsque le châtiment est exécuté, les statues du temple s'effondrent.
Le dernier martyre arrive, et les juges décident de couper le bienheureux avec une grande scie, mais les deux bourreaux n'arrivent pas à leur but. C'est alors que, tout à coup, une voix se fait entendre indiquant à Saint Thyrse : "ton passage vers le ciel est arrivé". Ils restèrent tous prosternés tandis que les juges responsables du martyre expirèrent au milieu d'horribles souffrances, les mêmes qu'ils avaient infligées à Saint Thyrse.
Pamplona et Saint Martin d’Arrossa (France)
Départ ce lundi matin pour une étape de transit. Notre seule pause sur la route, Pamplona, capitale de la Navarre (où nous revenons finalement… pour boucler la boucle 😁). Nous avons décidé de profiter une dernière fois des fameux pintxos basques (et navarrais) avant de quitter définitivement l’Espagne…
Pamplona est célèbre pour ses fêtes de San Fermin, où des hordes de touristes ivres envahissent les rues pour courir devant des toros lâchés dans les mêmes rues pour courir derrière les touristes… En soi, une célébration hautement intellectuelle, qui fut rendu célèbre par Ernest Hemingway qui, dans sa jeunesse, travailla comme journaliste à Pamplona et ne manqua pas de parler des fêtes de San Fermin dans son roman « The Sun Also Rises » (Le soleil se lève aussi). Ceci eu (et a encore) pour effet qu’une nuée d’américains visitent Pamplona chaque année (si possible pendant les fêtes de San Fermin) et finissent souvent aux urgences, soit en coma éthylique, soit encornés par un toro… (oui, ok, les accidents n’arrivent pas qu’aux américains mais les statistiques sont là pour démontrer que c’est quand même eux qui finissent, majoritairement, aux urgences… 🤓)
Hemingway aurait même écrit: « Je ne pourrai jamais faire plus que Pamplona a fait pour moi ». Et la ville le lui rend bien puisqu’il est difficile d’échapper aux multiples statues d’Ernest dispersées dans toute la ville et dans ses bars (oui… en dehors de ses heures de travail, Ernest avait déjà l’habitude de fréquenter pas mal les bars… pour y écrire, bien sûr… 🙄). Soyons honnêtes, sans Hemingway, Pamplona et ses fêtes de San Fermin ne seraient sans doute pas si célèbres. Les vieilles maisons du centre ville et le fort qui l’entoure sont certes plutôt jolis, mais on peut pas dire que ça suffise pour rivaliser avec les autres capitales régionales des environs. Par contre, ce que Pamplona possède définitivement, c’est une tradition gastronomique !… Les pintxos (l’équivalent basque des tapas) valent définitivement la peine de s’arrêter et de flâner en ville à la recherche du meilleur restaurant où entrer. Dans notre cas, ce fut le Gaucho, vainqueur de multiples concours de pintxos organisés par la municipalité et même reconnu par le guide Michelin (dans la catégorie pintxos, bien sûr… 😜).
Un petit café au Café Iruña (Pamplona se dit Iruña en Basque), le bar préféré d’Ernest, ouvert en 1888 (et très joliment conservé par ailleurs), et nous voilà repartis vers le nord pour nos derniers kilomètres sur les routes espagnoles… Nous avons franchi les Pyrénées au col d’Ibañeta (1.057 m), au dessus de Roncevaux, pour redescendre ensuite vers Saint Jean Pied-de-Port. En gros, le chemin de Saint Jaques de Compostelle, mais à l’envers… 😜 Pour cette première nuit en France, nous sommes retournés au dessus de Saint Martin d’Arrossa, où nous avions déjà dormi lors de notre traversée des Pyrénées. Non seulement les endroits sauvages pour dormir sont plutôt rares, au Pays Basque, mais ça nous a aussi semblé une bonne façon de boucler la boucle avec un clin d’oeil à notre aventure de l’été dernier… C’est à cet endroit qu’on avait pu voir de nombreux vautours fauves, juste à côté de Marvin, et… ça semble de confirmer: c’est un très bon endroit pour voir des vautours de près, parce qu’un groupe d’une dizaine d’individus vient tout juste de se poser à à peine une vingtaine de mètres de Marvin ! 😍








































Y pof fin fotos de ustedes! Gracias 🙂
A ese pobre santo sí que le hicieron cosas! Pero finalmente los « malos » acabaron pagando… Y te iba a preguntar… Lire la suite »