Astérix nous ment !…
Nous voici en Bourgogne, et plus précisément dans le Morvan et son Parc naturel régional. Après une nuit en haut du plus haut sommet du coin, nous sommes redescendus un peu pour mieux remonter… dans le temps !…
Départ
Arrivée
Distance
Forêt de Saint-Ours (FR)
Bibracte (FR)
219 km
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
7.037 km
1.119 L
4
Après un peu plus de 200 km à traverser des champs, des champs et… encore des champs, nous avons vu quelques vagues ondulations apparaître soudain à l’horizon. Des « collines » boisées, couvertes de sapins de toutes sortes, tous bien alignés en diagonale du sens de la pente. Aucun doute, l’ONF était passée par là ! 😁
Nous sommes dans le Morvan, dans le Parc régional du même nom, à la limite entre les départements de la Nièvre et de la Saône et Loire (Loire que nous avons officiellement franchie, d’ailleurs, ce qui nous place officiellement dans le « nord de la France » 🙄). Ici, les montagnes sont arrondies et couvertes de forêts jusqu’au sommet. Des sommets qui, d’ailleurs, ne dépasse pas les 1.000 m puisque pour notre première nuit en Bourgogne (oui, le Morvan fait partie de la Bourgogne), nous avons choisi le point culminant de la région, à une altitude vertigineuse de… 901 m !
Nous sommes à une vingtaine de kilomètres de Château-Chinon, et on s’était dit que, si la météo ne s’améliorait pas, on pourrait toujours aller faire la tournée des caves, mais il faut croire que la météo se préoccupe de la santé de notre foie, et même si on est arrivés sous la pluie hier (malgré avoir parcouru 200 km sous un soleil mitigé mais sans aucune goutte), le temps s’est finalement remis au beau aujourd’hui, avec juste une petite averse à midi et le reste de la journée ensoleillée…
Le Morvan est sans doute célèbre pour pas mal de choses (même si j’en ai pas vraiment beaucoup qui me viennent à l’esprit là, tout de suite…), mais il y’en a une qu’on ne s’attendait pas à trouver ici (en toute humilité face à l’ampleur de notre inculture…). Il se trouve qu’ici, juste à côté du Haut Folin où nous avons dormi, s’est joué une des pages les plus importantes de l’Histoire de l’Europe (avec un grand « H »… à « histoire »… pas à « heurope »… 😜).
Juste à côté du Haut Folin se trouve une autre montagne répondant à l’étrange nom de Mont Beuvray. Or, il se trouve que c’est précisément ici qu’en l’an 52 avant J.C., Vercingétorix a été officiellement reconnu chef de la coalition gauloise contre Rome. C’est aussi ici que Jules César est venu plusieurs fois, d’abord pour préparer la bataille d’Alésia (où il vaincra Vercingétorix et rajoutera la Gaule à son empire) et demander le soutien des Éduens puis, de retour d’Alésia, pour écrire les derniers chapitre de son livre « La guerre des Gaules ».
Le Mont Beuvray, c’est là où se trouvait Bibracte, la capitale des Éduens, une des peuplades principales de Gaule dont le territoire occupait une grande partie du nord de la France et le Bénélux. C’était un oppidum qui hébergeait jusqu’à 15.000 personnes et, selon César lui-même, une des quelques villes gauloises dignes d’intérêt à l’époque. Si la forêt a repris ses droits et recouvre aujourd’hui une bonne partie de la ville, les fouilles archéologiques réalisées au fil des ans ont permis de remettre les pierres à jour et de redécouvrir les vestiges des différentes parties de la ville ou son mur d’enceinte de 5 km de long. Bibracte est aussi une des seules grandes villes gauloises bâties sur un sommet (au lieu d’au fond d’une vallée où il est quand même plus facile de cultiver la terre ou creuser des canaux pour amener l’eau jusqu’aux champs), et celle qui se « romanisa » le plus tôt après la conquête de la Gaule par César. Pour bien marquer leur dominance, les Romains, par l’intermédiaire d’Auguste à la mort de César, prirent quand même la peine de faire « migrer » tous les habitants de Bibracte jusque dans la vallée, à l’emplacement de l’actuelle Autun. Bibracte fut donc abandonnée jusqu’à ce qu’un archéologue du coin entreprenne des fouilles avant la première guerre mondiale, mais cette dernière mit fin à son élan (et à sa vie), et Bibracte resta dans l’oubli jusqu’à ce que François Mitterand se prenne de passion pour le site et débloque des financements exceptionnels pour faire de Bibracte le site archéologique majeur qu’elle est aujourd’hui.
Un musée (très bien fait) complète le site archéologique et permet de se rendre compte que les Gaulois étaient en fait bien loin de l’image véhiculée par Astérix et Obélix, et loin aussi des « fake news » balancées par César ou ses successeurs dans leurs mémoires respectives, plus destinées à brosser l’égo de leur auteur qu’à expliquer la vérité sur les peuples qu’ils avaient conquis… Les fouilles de Bibracte ont, par exemple, permis de confirmer que les Gaulois ne vivaient pas dans des petits villages entourés d’une palissade en bois, au milieu d’une grande forêt où ils chassaient des sangliers. Il n’y avait, en fait, que très peu de forêts à l’époque des Gaulois, étant donné qu’ils avaient déjà tout déboiser pour créer des champs et s’adonner à leur passe temps favoris: l’agriculture. Ils ne mangeaient que très peu de sangliers, et pour cause: ils n’étaient pas très bon chasseurs et tuer un sanglier n’était pas aussi facile que viser à peu près juste et disposer de chevrotinne, à l’époque. Les villes gauloises étaient reliées entre elles par un dense réseau de routes, et les Gaulois pratiquaient le commerce avec toute l’Europe et une bonne partie de l’Asie mineure. Ce qui est vrai, par contre, c’est que ce que les Gaulois aimaient le plus (après le fait de cultiver leurs champs) c’était se faire la guerre entre eux (ce que César ne manqua pas d’observer et qu’il mit habilement à profit pour conquérir la Gaule). Les Éduens, par exemple, étaient alliés de Rome (même s’ils étaient Gaulois). Ce furent même les derniers à rejoindre la « coalition de la révolte » dirigée par Vercingétorix. Il trahirent finalement doublement César en se ralliant à la coalition et en n’envoyant pas les troupes qu’ils avaient promis à la bataille d’Alésia, mais c’était déjà trop tard pour Vercingétorix. Les mauvaises langues disent même qu’avant de le ramener à Rome pour le montrer au peuple, César fit passer son convoi (et Vercingétorix) par Bibracte, pour qu’il croit que les Éduens ne l’avait pas aidé, et pardonna du même coup les Éduens de leur trahison. Personne ne s’étonna vraiment qu’une peuplade gauloise préfère s’allier à Rome pour taper sur une autre peuplade gauloise, plutôt que l’inverse… Il y’a, à Bibracte, un gros rocher dans la forêt appelé le Rocher de la Wivre. Entre autres légendes, ce serait là que Vercingétoryx serait monté pour faire son discours aux Éduens et les convaincre de se joindre à lui. Le rocher à une cavité, à son sommet, qui est apparemment tout le temps remplie d’eau. La légende veut que ce soit les larmes de Vercingétorix, à son retour d’Alésia, lorsqu’il comprit que les Éduens n’avaient pas envoyé des troupes à Alésia, ni pour aider les romains, ni pour l’aider lui…
Bref, une journée vraiment passionnante sur un site chargé d’histoire. L’autre particularité de la forêt de Bibracte, ce sont les « Queules », ces arbres au tronc tordus, arrondi, bosselé, et aux formes étranges. Ce sont, en fait, des reste d’anciennes haies. Autrefois, on tressait les jeunes arbres pour créer des haies et ainsi délimiter les champs. Dès qu’une haie s’éclaircissait, les jeunes branches étaient ployées vers le sol et tressées comme de l’osier. Une technique qui vient de loin puisque les habitants de Bibracte l’utilisaient déjà à l’époque de César et Vercingétorix !


























et n’oublions pas – quand même !!! – de mentionner que ce cher Vercingétorix a dit « de tous les peuples… Lire la suite »
Bueno. Aunque esto geográficamente no esté ni cerca de lo que se ve en los libros de Asterix & Obelix,… Lire la suite »