La vie de château…
On a beau rallonger un peu, nos jours en France sont comptés… Juste une dernière étape dans les vignobles alsaciens pour visiter Sélestat, la château du Haut Koenigsbourg et passer une dernière nuit sous la pluie française, avec vue sur les vignes…
Départ
Arrivée
Distance
Col du Pré de Raves (FR)
Saint Hyppolite (FR)
85 km
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
7.680 km
1.204 L
4
Bon, c’est confirmé, les Vosges, c’est joli… On a pu le vérifier hier, entre deux averses. Mais vu que la pluie de la nuit jouait les prolongations, on s’est dit que ce serait sans doute aussi bien de redescendre dans la vallée pour une dernière étape avant de passer la frontière…
Il nous restait à voir (sans doute entre beaucoup d’autres choses) le château du Haut Koenigsbourg, et quoi de mieux que de visiter un château quand il pleut !? Mais avant, ils nous restait aussi à faire une étape logistique (lessive, etc), et nous avons choisi la ville de Sélestat pour cela. C’était totalement par hasard, mais il s’est avéré que c’était un très bon choix parce que la ville est plutôt très jolie (typiquement alsacienne et avec une cathédrale abritant des vitraux monumentaux du XVe Siècle). Une lessive et un bretzel au Fournil de Marcel Kientz plus tard, nous voilà repartis vers le château.
Que dire du Haut Koenigsbourg ? Le château est impressionnant, c’est indéniable. Mais les hordes de touristes, sans aucun contrôle de nombre ou de surcharge de la part des gestionnaires du site, qui se bousculent dans les couloirs du château pour suivre le sens de la visite au rythme du troupeau (sous peine de se faire bousculer, voire écraser par ceux qui viennent derrière), autant le dire tout de suite, moi, ça me gâche un peu le plaisir… Autant dire que mon célèbre sens de la sociabilité a été mis à rude épreuve… 😅
À part ça, la visite du château valait sans doute la peine, même si on apprend dès la première salle de la visite, que c’est en fait un “fake”… Je m’explique: en bref, même si au départ, c’est Charlemagne qui fait don du col du Staufenberg (où se trouve actuellement le château) au prieuré de Lièpvre, ce n’est qu’à 1147 que remonte le premier écrit mentionnant un château (en fait deux tours qui permettaient de surveiller la route d’Alsace). Pendant la première moitié du XIIe Siècle, les Ducs de Lorraine s’emparent des deux tours et font construire un château. Devenu un repaire de chevaliers brigands, le château est conquis et incendié en 1462. Les restes du Haut Koenigsbourg sont alors confiés à la famille de Thierstein qui fera remanier le château au XVe Siècle, mais croulant sous les dettes, ils abandonneront la bâtisse aux aléas du temps avant que celle-ci ne soit à nouveau presque entièrement détruite en 1633, lors de la Guerre de Trente Ans qui a vu, entre autres, les Suédois s’opposer à l’Autriche et l’Alsace sévèrement ravagée.
C’est là qu’arrive la partie la plus croustillante de l’histoire. En 1871, l’Alsace devient allemande, et en 1899, l’empereur Guillaume II de Hohenzollern décide de reconstruire le Koesnigsbourg en tant que symbole de la germanité de l’Alsace et, plus généralement, du monde germanique. Passionné de Moyen-âge et de chevaliers aux multiples conquêtes (et en prise avec un certain délire de grandeur aussi), Guillaume II confie les travaux à un architecte avec pour mission de reconstruire le château comme il était au alentours de l’an 1500. Du coup, comme expliqué dès le début de la visite, le Haut Koenigsbourg n’est pas vraiment un château médiéval, mais un château reconstruit selon la vision qu’on avait en 1900 (et qu’on a toujours aujourd’hui) de ce à quoi devrait ressembler un château médiéval. En gros, un décor grandeur nature d’un Moyen-âge fantasmé… Le nouveau Haut Koenigsbourg est inauguré en 1908, et il sera pour le “Kaiser” Guillaume II la limite occidentale de l’Empire allemand, comme le château de Marienbourg, aujourd’hui en Pologne, en marquait la limite orientale. La suite, on la connaît, deux guerres mondiales et une redéfinition des frontières plus tard, l’Alsace est à nouveau française et le Haut-Koenigsbourg fait partie des palais nationaux et appartient aux Conseil général du Bas-Rhin. Il reste que le blason de Guillaume II est toujours visible au sein du château, et celui-ci reste ainsi un des symboles en Alsace de la présence allemande entre 1871 et 1918, partagé entre la restauration majoritairement crédible de l’architecte et la vision romantique du Moyen-âge de Guillaume II.
Quand à la fréquentation du site, et pour ne pas tout mettre sur le dos de mon asocialité, le Haut Koenigsbourg est l’un des monuments les plus visités d’Alsace, avec plus de 550 000 visiteurs par ans (la moitié étaient probablement venus aujourd’hui… :-)).
Finalement, pour notre dernière nuit en France, nous sommes venus nous installer dans les vignes, au dessous du château, sur la commune de Saint-Hyppolyte. Devant nous, au loin, on devine la ligne du Rhin qui marque la frontière et qu’on traversera demain pour rejoindre la forêt noire, mais ça, c’est une autre histoire…










































Otra clase de historia y cultura 🙂 Y efectivamente, yo también me imagino así un castillo de la edad media… Lire la suite »