Rodolphe le renne au nez rouge…
Nous voilà en Laponie suédoise (et non, la Finlande ne possède pas le monopole de la Laponie…), et donc officiellement dans la partie nord du pays, là où vivent les Sámi, le peuple autochtone le plus arctique d’Europe, qui occupe tout un territoire qui recoupe la Norvège, la Suède, la Finlande et la péninsule de Kola, en Russie. Une culture vieille de plus de 4.000 ans…
Départ
Arrivée
Distance
Vedjeön (NO)
Storseleby (SE)
201 km
Altitude moyenne (m)
Température max.
Température min.
321 m
24 ºC
13 ºC
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
12.136 km
1.901 L
8
Si ce post avait une bande sonore, ce serait sans aucun doute la chanson Rodolphe, le renne au nez rouge. En effet, nous sommes officiellement dans la partie nord de la Suède, aussi connue sous le nom de Lappland (la Laponie suédoise). Bien que la Laponie soit le plus souvent associée à la Finlande, elle s’étend en fait à la Norvège, la Suède et la Finlande, ainsi qu’à la péninsule de Kola, en Russie. C’est la terre des Sámi, l’un des derniers peuples autochtones semi-nomades d’Europe, et c’est aussi la terre des rennes, puisque la relation entre ces premiers et ces derniers est une longue histoire…
Mais reprenons au début. Nous avons passé les deux derniers jours sous un beau soleil, avec des températures frôlant les 27ºC. Mais ça, par ici, ça se paye ! De l’eau partout et deux jours de chaleur, et… les moustiques et autres bestioles volantes ou rampantes explosent ! Les moustiquaires de Marvin tiennent le coup, mais on peut faire une croix sur les soirées à la belle étoile, sur les bords d’un lac (bon, de toutes façons, vu qu’on est très près du cercle polaire et qu’il fait jour 24/24h, belle ou pas, y’a pas d’étoiles… 🤓). L’avantage, c’est que notre piège photo fonctionne en permanence sans infrarouge, et donc, on a des photos en couleurs quelque soit l’heure de la journée ou de la nuit, comme ce lièvre qui a piqué un sprint juste devant la caméra, cette nuit… Par contre, aucune trace de l’élan qui avait laissé son empreinte dans la boue, juste à côte de là où on était…
Hier, en regardant la carte pour préparer notre étape du jour, on a trouvé un endroit où, apparemment, les ours bruns sont assez nombreux… Il en fallait pas plus pour nous convaincre que c’était l’endroit idéal pour venir nous installer ! 😁
Nous voilà donc 200 km plus au nord, en Laponie, à côté d’une petite rivière qui a, effectivement, tous les numéros pour que des ours vivent par ici. Tout est parfait, et il ne manque qu’eux sur la photo ! 😜
La Laponie, c’est donc le territoire des Sámi. C’est aussi le territoire des rennes puisque les uns ne vont pas sans les autres. On compte environ 25.000 Sámi en Suède (88.000 dans toute la Laponie. D’ailleurs, pour être tout à fait correct, on doit dire Sápmi pour désigner la région où vivent les Sámi, le terme « Laponie » étant considéré comme offensif car lié à la « colonisation » des Sámi). Ils vivent principalement de l’élevage de rennes, et profitent également des bienfaits de la nature. Chasse, pêche et traditions, en quelques sortes. Le fait est que, selon la page web officielle du ministère du Tourisme suédois, partir de Laponie sans avoir vu un renne relève de l’impossible, puisqu’il y’a plus de rennes que d’habitants dans ce coin du pays !
Et effectivement, à peine installés au bord de notre petite rivière, ce n’est pas un ours qui est venu nous rendre visite mais un renne !… Bon, ok, dans l’excitation du moment, le temps d’ouvrir la moustiquaire pour essayer de faire une photo, il était reparti aussi vite qu’il était venu… 😁
On en verra sans doute d’autres, vu que la Laponie suédoise fait 240.000 km² que nous la traverserons jusqu’à la frontière nord du pays. Pour la petite anecdote, les Sámi sont donc l’un des derniers peuples autochtones semi-nomades d’Europe. Les familles suivent leurs troupeaux de rennes et se déplacent donc des montagnes (en été) jusqu’au vallées (en hiver), et vice-versa. Un mode de vie grandement menacé puisque, en plus du développement économique et de la sédentarisation qui en découle, les Sámi doivent aussi faire face à un ennemi plus sournois: le changement climatique et ses conséquences dramatiques sur les températures hivernales. Les réchauffements et refroidissements successifs détruisent les sols et favorisent l’apparition d’épaisses couches de glace, empêchant les rennes de creuser la neige pour se nourrir. Les Sámis doivent donc trouver de nouvelles ressources et vont jusqu’à creuser les sols eux-mêmes, à la place de leurs rennes. Pas vraiment la technique la plus viable à long terme… Malheureusement, pas vraiment de solution à la survie des Sámi, au rythme où vont nos émissions de carbone… Dans quelques années, on les verra sans doute dans des boutiques de souvenirs ou des « fermes de rennes », où les touristes viendront faire leur selfie avec un renne et un Sámi en habit traditionnel avant de repartir sans vraiment rien savoir du fait qu’il y’a quelques années, ces gens étaient encore l’un des derniers peuples nomades d’Europe…











En la foto pues, un mini reno… Entonces si entendí bien, son los Sami que quieren que se les llame… Lire la suite »