Missiles et saucisses…
Pour notre première étape en Lituanie, on a préféré faire court, histoire de se remettre un peu de nos émotions, après la visite culturelle du jour. Nous sommes passés par le Parc national de Zemaitija, et plus précisément par un endroit plutôt surprenant et, heureusement, unique au sein du parc…
Départ
Arrivée
Distance
Darbėnai (LT)
Paragiai (LT)
116 km
Altitude moyenne (m)
Température max.
Température min.
118 m
23 ºC
11 ºC
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
18.459 km
2.834 L
13
Départ de notre petite forêt pas loin de la frontière pour rejoindre le Parc national de Zemaitija, à quelques dizaines de kilomètres de là. Autant être honnêtes, c’est pas vraiment le parc qui nous intéressait (la notion de parc national semble d’ailleurs assez relative, par ici…), mais plutôt un site surprenant caché au milieu de la forêt: les silos de stockage et de lancement de missiles nucléaires de Dvina.
Difficile de rester insensible à cet endroit, qui fait franchement froid dans le dos. De l’extérieur, on ne voit que quatre domes de béton entourés de ferraille rouillée et protégés par cinq rangées de barbelés de toutes sortes, dont une électrifiée à 3.000V (à l’époque). Et puis on descend sous terre par un petit escalier anodin qui mène à une triple porte métallique, semblable à celle d’un sous-marin. Partout, les diverses inscriptions et instructions en Russe à l’attention des militaires qui travaillaient là ont été conservées et restaurées. On peut visiter une bonne partie des salles souterraines de ce complexe gigantesque, et chacune explique les particularités et la géopolitique de la Guerre Froide, le fonctionnement des silos de lancement, les détails techniques de la base (ventilation, autonomie électrique, etc.), les communications et comment toute connexion avec l’extérieur (y compris les ventilations) était coupée chaque fois qu’un satellite américain survolait la zone, pour éviter qu’il puisse repérer la base, même par infrarouge ou avec une caméra thermique. On arrive ensuite dans l’un des silos de lancement, et on peut voir ce puit d’une trentaine de mètres de profondeur et les différents étages d’où on préparait le missile qu’il contenait avant de le lancer…
La base de Dvina contenait des missiles de moyenne portée R-12, capables d’atteindre n’importe quelle capitale occidentale, et portant chacun une charge nucléaire d’une mégatonne. Sa construction fut achevée en 1962, et l’immense complexe parvint à rester secret pendant près de 20 ans. En 1978, des équipes de reconnaissance américaines découvrirent finalement le complexe, pour se rendre compte que les missiles avaient été retirés en 1974. Les silos de Dvina ne furent jamais utilisés, même si le niveau d’alerte (et donc de préparation des missiles) arriva à son maximum au moment de la crise des missiles de Cuba, alors que la base venait d’être terminée. C’est à cette époque que Nikita Kroutchev avait prononcé sa fameuses phrase: « Nous en sommes à un point où nous produisons des missiles comme des saucisses »… Sans doute un rien exagérée, la phrase illustre quand même le fait que depuis les années 1960, l’armement nucléaire des différentes puissances et tel que l’espèce humaine est devenue la seule capable d’annihiler sa propre existence.
Détails historiques et logistiques à part, une salle du complexe de Dvina est, de loin, la plus impactante. Après un long corridor sombre et humide, segmenté par des portes métalliques et où des haut-parleurs diffusent des instructions en russe, on arrive dans une des pièces du bunker où de grandes photos d’Hiroshima ont été installées sur un mur latéral, face à une autre série de photos aussi grandes montrant les différentes étapes d’un champignon atomique. Sur le sol, une maquette des restes de la ville d’Hiroshima après la bombe, et sur le mur du fond, un diaporama de jolis paysages, d’animaux, de ponts et autres bâtiments emblématiques et de scènes de la vie quotidienne autour du monde, le tout sur fond de musique classique. La pièce contient aussi un bouton rouge qui « simule » une explosion nucléaire quand on le presse. Le diaporama montre alors des images filmées lors des différents essais nucléaires réalisés par les uns et les autres, la lumière de la salle vire au rouge, les images montrent des arbres puis des gens soufflés par une explosion, des bâtiments ravagés, des scènes de chaos. On n’entend plus la musique classique mais juste le grondement assourdissant de l’explosion. Et puis vient un silence qui donne la chair de poule. Le diaporama ne montre plus qu’un écran noir, et la lumière rouge s’éteint…
Einstein a dit un jour: « Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais ce dont je suis sûr, c’est que la quatrième guerre mondiale se résoudra à coups de bâtons et de silex ».
Pour finir sur une note plus optimiste, nous passerons la nuit d’aujourd’hui chez l’habitant. Nous sommes à Paragiai, une propriété de 3,5 ha au milieu des champs dont les très accueillants propriétaires mettent une pelouse à disposition pour passer la nuit. Leur parc est agrémenté de jolies sculptures en bois que l’on voit un peu partout par ici depuis qu’on est rentrés en Lituanie. On y trouve aussi un sauna traditionnel, et tout ce qu’il faut pour une soirée au calme, avant de reprendre la route demain… 😉







































Es que sin haber estado allá en persona, solamente leyendo lo que cuentan, se me para el pelo y me… Lire la suite »