Dévotion…
S’il existait un ranking de « religiosité », la Lituanie serait sûre d’être dans le Top-3 ! À croire que, malgré toutes ces années d’occupation soviétique, ils n’ont rien retenu des grandes idées de Karl Marx selon lesquelles « la religion, est l’opium du peuple »…
Départ
Arrivée
Distance
Paragiai (LT)
Dengtiltis campsite (LT)
107 km
Altitude moyenne (m)
Température max.
Température min.
108 m
25 ºC
16 ºC
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
18.566 km
2.834 L
13
Si on créait un indice de DIP (Dévotion Intérieure Brute) sur le modèle du PIB, la Lituanie serait sans aucun doute parmi les pays en tête de liste! Et en Lituanie, non seulement on est dévot, mais en plus, on le montre! Du coup, difficile de trouver un carrefour où n’a pas été planté un énorme crucifix, une route de campagne le long de laquelle personne n’a eu l’idée d’installer un petite maison en bois avec une statue ou l’effigie d’un saint à l’intérieur ou une église qui n’ait pas reçu la bénédiction d’un pape ou d’un autre, si ce n’est de plusieurs (au cas où, pour être bien sûrs…).
La Lituanie est un fief du catholicisme, et l’affaire remonte à pas mal de temps puisque Pie VII avait déjà authentifié la véracité des apparitions de Notre Dame de Šiluva en 1775, et Pie XI avait pour habitude d’appeler la Lituanie « Terra Mariana » (la Terre de Marie), ce qui ravissait et ravit encore aujourd’hui ses habitants.
Les choses se compliquèrent un peu pendant les périodes d’occupation soviétique, et en particulier pendant la dernière, puisque communisme et religion ne font jamais vraiment bon ménage… C’est pour affirmer leur liberté face à l’occupant que les lituaniens commencèrent à planter des croix sur une petite colline, au nord de la ville de Šiauliai. Les soviétiques essayèrent par tous les moyens de les détruire (le site fut rasé trois fois au bulldozer et un projet prévoyait même d’inonder la région), mais les croix réapparaissaient dès que les bulldozers avaient tourné les talons (ou les chenilles) et les gens continuaient à apporter des croix sur la colline. Au fil des ans et des générations, la tradition s’est perpétuée, convertissant peu à peu le site en un lieu de pèlerinage ou chacun vient planter sa croix (pas la peine de demander, nous, on n’a rien planté du tout, mais on s’est dit que tout ce bois sec serait parfait pour allumer le BBQ… 😜).
Alors oui, côté esthétique, on repassera, mais le fait est que cette pauvre colline au milieu des champs de blé est aujourd’hui couverte de plus de 200.000 croix de toutes les tailles et de tous les matériaux, et que des milliers de locaux et de touristes passent par là chaque année pour… ajouter leur pierre à l’édifice (oh! la jolie métaphore biblique! 🤓). Loin de faiblir, le phénomène a même été ravivé par le passage de Jean-Paul II en 1993 qui, en célébrant une messe devant plus de 100.000 personnes au pied de la colline a mis en marche la machine à billets de l’Église, qui s’est empressée de construire un monastère juste à côté, un parking (payant) pour accéder au site et un espace habilité pour que les marchands du temple puisse vendre leurs croix, que les touristes plantent joyeusement aux côté des autres…
Oublié l’esprit de résistance au communisme, le site est aujourd’hui un produit touristique bien ficelé et incontournable sur la route entre Riga et Vilnius, d’autant plus que l’UNESCO reconnaît la fabrication de croix comme patrimoine culturel immatériel de la Lituanie, « symbole de l’identité nationale et religieuse » unissant la communauté face à l’adversité.
De notre côté, nous sommes allés méditer sur tout cela sur une terrasse à Šiauliai, avec un café et deux bons cannelés (comme ceux de Bordeaux… c’est visiblement typique ici aussi…). Nous n’avons évidemment pas manqué de visiter la cathédrale de Saint Pierre et Saint Paul, qui renferme la fameuse icône de la Vierge à l’enfant (en plus d’une copie du suaire de Turin 🤔). En effet, beaucoup croient qu’à la fin du XIXe Siècle, une apparition de la Vierge Marie tenant l’enfant Jésus avait demandé aux croyants de couvrir une colline d’icônes. Cette théorie n’a, jusqu’à maintenant, été authentifiée par aucun pape mais qui sait? Après tout, François n’est pas encore passé par la Lituanie!… 😉






























Pues… a parte de la cuestión de religión, debo decir que todas esas cruces se ven cheveres (y aquí pensándolo… Lire la suite »