De péninsule en péninsule…
On continue notre remontée vers le nord, avec cette semaine la baie de Bantry et la péninsule de Beara, et on quitte le County de Cork (il semble pas, comme ça, mais il est grand !…) pour rejoindre celui de Kerry, et donc, la péninsule homonyme… Et au passage, on reviens à une météo plus… irlandaise…
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
2.236 km
352,21 L
2
Sheep’s head…
Bon, alors, pour bien comprendre la situation, il faut imaginer une toute petite route sinueuse qui rejoint la côte après 2 km, et qui débouche sur une petite plage de galets derrière laquelle la marée forme une petite lagune où barbotent tranquillement un cygne et toute une famille de canards (canetons inclus)… Il faut alors imaginer un petit chemin entre la plage et la lagune, tout juste assez large pour y passer avec Marvin, parfois recouvert d’herbe, parfois de galets, et qui mène jusqu’à l’autre bout de la plage, où se trouve un petit promontoire d’herbe verte et relativement plat, posé là, face à la baie, comme seul au monde. C’est là qu’on s’est installés, tout près du village de Kilcrohane, avec tout cet espace pour nous, juste au bord de l’eau… Tout ça explique sans doute pourquoi on est restés là 3 nuits (une première depuis le début de nos aventures) avec, en prime, une balade jusqu’au village et une visite au pub local, histoire de nous intégrer un peu…
Bon, pour être totalement honnêtes, on est aussi restés plus longtemps parce qu’on devait travailler (et qu’on avait une bonne connexion internet). Mais on avait aussi un petit sentier de randonnée pour aller se dégourdir les jambes, de temps en temps, qui rejoignait un petit promontoire, juste à 5mn, avec une vue panoramique sur toute la baie… On a eu la visite de quelques voisins, qui venaient promener leurs chiens, tous très sympathiques et souriants…
Péninsule de Beara…
La pointe de Sheep’s Head est un “petit” éperon de terre au sud de la baie de Bantry, de l’autre côté de laquelle se trouve la péninsule de Beara. En fait, la côte ouest de l’Irlande est un peu comme une version réduite de celle de Norvège. La côte est formée de toute une série de fjords et de péninsules plus ou moins grands, sauf qu’ici, au lieu de montagnes de 2.000m d’altitude de chaque côté des fjords, on trouve des falaises, des plages de sable, des plages de galets, et quand même aussi quelques montagnes, même si celles d’ici ne dépassent que rarement les 700 m d’altitude.
Ces mini-montagnes (logiquement situées au centre des péninsules) offrent quand même de jolis points de vue, quand on veut changer un peu des perspectives au ras de l’eau… C’est le cas, par exemple, de la Seefin Mountain, au centre de la péninsule de Sheep’s Head où, selon le folklore local, le légendaire guerrier irlandais Fionn mac Cumhaill (ou Finn Mac Cool en anglais, qui possédait un pouce magique qui lui donnait la sagesse) venait s’asseoir pour se reposer en contemplant la vue après une rude journée de chasse. Les histoires de géants semblent assez courantes en Irlande, puisque depuis cette même péninsule de Sheep’s Head un autre géant aurait lancé un rocher dans l’océan, qui serait devenu le rocher de Fastnet, où est aujourd’hui posé le phare situé au bout de la péninsule…
Mais c’est sur la péninsule voisine que nous continuons cette aventure, celle de Beara, qui a, entre autres, la particularité d’être “bénie” par le Gulf Stream qui lui confère un climat semi-tropical, du moins au tout début de la péninsule. Le résultat, c’est qu’on y trouve des arbres ! Oui, c’est un phénomène assez rare en Irlande pour être souligné ! En fait, la zone de la Blue Pool de Glenngarriff offre une jolie forêt, assez luxuriante pour effectivement ressembler à une forêt tropicale. On y trouve même des fougères arborescentes (même si elles y ont été introduites).
Le temps d’observer quelques phoques posés là, et nous voilà repartis vers notre étape du jour, encore une fois seuls au monde au bout d’une autre petite route sinueuse qui se termine… nulle part ! Juste sur un rocher face à la mer, où on pourra regarder les gros nuages passer d’un côté à l’autre de la baie en à peine quelques minutes (il fait à nouveau beaucoup de vent). Et pour changer un peu, en plus des mouettes et des phoques, on a aussi trois vaches et des chèvres angoras pour nous tenir compagnie, aujourd’hui… 😁
Nouvelles chaussures et poissons blancs…
Il se trouve qu’en plus de ses paysages tout droit sortis d’une série spéciale de cartes postales d’Irlande, la péninsule de Beara est aussi célèbre pour abriter la plus grande flotte irlandaise de pêche au poissons blancs, et ce dans le petit village de Castletownbere, qui se devait, bien évidemment, d’être notre prochaine étape. L’idée était de passer une nuit au plus près des pêcheurs, pour “vivre” l’ambiance d’un port de pêche. Du coup, on s’est installés sur le port, sur le quai juste devant les bateaux. Mais il faut croire que l’activité de pêche n’est pas à son maximum en ce moment, puisque pendant les 24h que nous avons passé là, nous avons vu seulement un bateau rentrer de la pêche, et un autre partir… Pas vraiment l’expérience qu’on avait imaginé, mais c’était bien quand même, et on a pu en profiter pour faire quatre courses, une lessive, et…. tadam ! laver Marvin ! Oui madame ! Premier lavage depuis qu’on est partis (mais c’est qu’on ne trouvait pas de carwash pour camions, par ici…). Autant dire qu’il en avait besoin !… Il doit peser moins lourd, sans toute la boue qu’il avait collée un peu partout… 😜
Et même si c’était pas initialement prévu, il se trouve qu’il y’a également un garage spécialisé dans les pneus, à Castletownbere… Et mieux encore, le patron est extrêmement sympathique et compétent, et il pratique des prix largement compétitifs… Du coup, on en a profité pour acheter de nouvelles chaussures à Marvin, puisque les anciennes étaient plutôt usées et qu’il aurait fallu les changer de toutes façons avant notre retour en Andorre…
Un télécabine au bout du monde
Au bout de la péninsule de Beara se trouve l’île de Dursey, qui se trouve être l’île habitée la plus à l’ouest de l’Irlande, où il ne reste que 3 habitants permanents. Mais la particularité de l’île, c’est qu’elle est reliée au “continent” (ou du moins, à l’île principale) par un télécabine, qui se trouve être l’un des rares télécabines à survoler la mer en Europe, et le seul d’Irlande (en général, pas seulement le seul à survoler la mer… 😜)… Pas grand chose de plus à voir ou à faire sur l’île de Dursey (qui n’a, évidemment, aucune boutique ou aucun restaurant, même si elle a eu un bureau de poste à une époque, mais il est aujourd’hui lui aussi fermé), à part contempler l’étonnante force de la marée dans le tout petit détroit qui sépare l’île du reste de l’Irlande…
Quand à nous, nous avons continué notre tour de la péninsule, résisté maintes fois à l’envie de nous arrêter, même si ça devait être au milieu de la route, pour une énième photo des paysages spectaculaires de Beara, et nous sommes venus nous installer tout près du village de Eyeries (un autre petit village aux maisons colorées), au bord de l’eau, sur une plage, dans un endroit qui semble encore plus beau que les meilleurs de ceux où on s’était installés jusqu’à maintenant. Ce sera donc au moins deux nuits ici aussi !… À ce rythme là, on risque de voir des aurores boréales, quand on sera en Écosse !… 🤣
Météo irlandaise et château hanté…
Les deux jours sur notre jolie plage de la péninsule de Beara sont passés trop vite, la météo devenait menaçante (alerte vague et submersion sur tout le littoral irlandais), et du coup, on a décidé d’avancer un peu pour arriver jusqu’à la péninsule suivante, celle de Kerry, beaucoup plus large et aux montagnes beaucoup plus hautes. Beaucoup plus touristique aussi. C’est peut-être les vacances de Pâques, mais il devient difficile de trouver des endroits tranquilles ou de ne pas croiser des dizaines de vans et de camping-cars un peu partout, par ici…
On a quand même trouvé un joli petit port, juste assez grand pour un ou deux bateau, posé là entre les rochers. En fait, il a juste fallu ajouter la route pour y arriver par la terre, parce que Mère Nature s’était chargé de tout faire, côté mer, en plaçant soigneusement deux énormes rochers pour qu’il fassent comme un petit port… L’endroit est petit, mais charmant. Même su terre, l’espace est juste assez large pour pouvoir qu’une voiture puisse se garer et qu’une autre ait encore la place pour faire demi-tour, mais ça n’a pas empêcher un touriste de se garer juste en face de nous avec son camping car, bloquant totalement le seul endroit pour faire demi-tour. Quand l’Irlande fera comme l’Islande et interdira tout camping sauvage, on saura pourquoi…
Notre petit endroit au bout de la péninsule de Kerry nous offrait un joli point de vue sur les îles toutes proches (la plupart de célèbres refuges pour les macareux moines…). C’est aussi là qu’on trouve le signal numéro 20… Pendant la deuxième guerre mondiale, l’Irlande a installé des “signaux” tout autour de ses côtes. Il s’agit d’inscriptions faites avec des pierres blanches où on peut lire “Eire” (Irlande), et qui servait à ce que les bombardiers allemands sachent où il étaient et ne bombardent pas l’Irlande par accident (à l’époque, un pays neutre) en pensant qu’ils survolaient les côtes anglaises…
On a juste eu le temps de finir notre courte balade jusqu’au signal, et la météo a changé du tout au tout. Fini le grand soleil. On revient à un temps plus normal pour l’Irlande… D’entrée, 24h de pluie en continu jusqu’à demain, et ensuite, nuages, soleil et pluie par intermittence… Normal, quoi…
Difficile de contempler les paysages marins quand il pleut. La vue reste, certes, très jolie, mais disons que l’envie de rester là à contempler les vagues ou la marée est un peu moins présente, quand il pleut… On a quand même décidé de bouger de notre petit port entre les rochers pour rejoindre le côté nord de la péninsule, en attendant éventuellement de revenir sur nos pas si le soleil revient…
Nous nous sommes installés tout près du petit village de Caherciveen, au pied du château de Ballycarbery (ou du moins, ce qu’il en reste…). L’endroit est une carte portale typique, avec son chateau en ruines posé au sommet d’une petite colline, face à la baie, et partiellement recouvert de lierre… Le château de Ballycarbery a tout l’aspect du parfait château hanté, ou des hurlements étranges s’échappent d’entre les pierres les nuits de pleine lune… D’ailleurs, l’accès au château est interdit (mais c’est peut-être plus parce que dans l’état où il est, le risque de chute de pierres et assez important…) 😜






























































J’adore! Les paysages. Les histoires. Le savoir que vous étiez à 4950km de New York.