Marcher sur l’eau…
Des montagnes du Connemara, parsemées de centaines de lacs aux eaux noires aux falaises de Achill Island, en passant par le plus grand fjord d’Irlande, cette 6ème étape nous rapproche du nord de l’Irlande et nous porte de Galway au conté de Mayo, juste avant le sauvage nord-ouest…
Statistiques générales de l’aventure jusqu’à aujourd’hui
Distance totale (km)
Gasoil (L)
Pays visités
3.760 km
610,10 L
2
Culture…
Il y a des noms, comme ça, qui évoquent des villes de culture, où la musique remplit les rues et où chaque recoin regorge d’anecdotes, de personnages célèbres ou de faits historiques… Galway est la deuxième ville d’Irlande et… ne correspond pas vraiment tout à faire à l’idée qu’on s’en fait (ou du moins, l’idée que je m’en faisais moi, peut-être)… À défaut de grande ville monumentale, il suffit d’une petite heure pour faire le tour des éléments les plus touristiques de la ville, et on en arrive même à se demander si certains n’ont pas été ajoutés à la liste par ironie (la Spanish Arch, par exemple, pour ne citer qu’un…). Alors certes, on croise quelques musiciens de rue, certes il était agréable de se balader dans les parcs et les ruelles du Quartier Latin de Galway sous un beau soleil de mai, mais si ce n’était pour les excellentes huitres et palourdes et le non moins excellent fish&chips qu’on a mangé au King’s Head, accompagnés de la fameuse bière rouge maison, on serait sans doute un peu rester sur notre faim (oh le mauvais jeu de mots!… 😜).
On aura quand même appris qu’il y avait autrefois des saumons sauvages à Galway, qui remontaient le Corrib, l’un des fleuves les plus courts d’Europe puisqu’il ne mesure que 6 km de long, et que des pièges permanents avaient été installés pour les pêcher à leur passage (ils ont été enlevés depuis, mais il reste les structures au milieu de l’eau, comme les pilles d’un pont qui auraient perdu son tablier)… On dit même qu’on peut apercevoir quelques phoques gris remontant le fleuve à marée haute, poursuivant quelques poissons qui refont leur apparition dans les eaux claires du Corrib… À part ça ?… Pas grand chose, pour être honnêtes…
Bouche bée…
Certains parlent de “terre brûlée au vent, des landes de pierres..” (oui, ok, ok, y a que les français qui pourront saisir la référence, mais bon…). Dans la série des terres mythiques (et pas seulement à cause des chansons de Michel Sardou), on trouve le Connemara en plutôt bonne place. Mais qu’ont-elles donc de si spécial, ces terres à moitié inondées, pour interpeller à ce point notre imagination ?… Après le meilleur cinnamon bun qu’on ait mangé jusqu’à présent en Irlande, tout juste sorti du four de la super boutique Sullivan’s Country Grocer, de Liz Folgen et Sianail Sullivan, c’est à quelques kilomètres au nord, au détour d’un virage, qu’on a trouvé la réponse, quand on reste bouche bée face à l’immensité d’une vallée qu’on aurait pu croire tout droit sortie du Colorado ou du Montana. L’aspect “grands espaces américains” du Connemara est indéniable, et l’omniprésence de l’eau, à travers des centaines de lacs aux couleurs bleu profond, certains pas plus grands qu’une mare, renforce encore cette impression de grandeur. Des moutons à la tête et aux pattes noires suivent tranquillement les quelques routes étroites qui serpentent entre les tourbières et, vus d’en haut, les paysages du Connemara ressemble à une dentelle dont les trous se seraient remplis d’eau, de plus en plus nombreux, jusqu’à arriver à la côte où l’ocean prend finalement le dessus sur les montagnes du nord. Comme le revers d’une même médaille, la partie nord de la région est totalement différente, avec des lacs plus grands, posés entre les montagnes et entourés de grands conifères… Le Connemara vaut bien sa réputation, et on resterait bien des heures à contempler ces immenses paysages où la nature semble la seule à régner. C’est peut-être ça, d’ailleurs, qui fait la différence… Contrairement au reste du pays où chaque mètre carré est utilisé (et souvent, clôturé ou construit), ici, on peut parcourir des kilomètres sans croiser âme qui vive (à part les moutons, évidemment… mais les moutons ont-ils une âme ?… 🤓).
Les paysages du Connemara sont tellement spectaculaires qu’on a décidé d’y passer deux nuits, mais dans deux endroits différents. Après une première nuit dans la partie “haute”, au pied des montagnes, entourés d’une immense tourbière, nous avons passé une deuxième nuit sur la côte, dans un endroit que nous a recommandé une sympathique locale (merci, Kari! 😉). Et la côte ne nous a pas déçu non plus, avec ses grandes plages de sable blanc aux eaux turquoises. En quelques mètres, on passe du vert tendre des prés fleuris au blanc immaculé du sable et au différentes tonalité d’une eau tellement cristalline qu’on pourrait facilement se croire dans les Caraïbes (particulièrement avec la météo qu’on a la chance d’avoir ces jours-ci…). Bref, on est restés scotchés par les paysage du Connemara, et on prendra notre temps pour monter un peu plus au nord, demain, histoire de profiter encore un peu de cette impressionnante région…
Encore mieux que Moïses !…
Un dernier petit tour dans le Connemara pour rejoindre Omey Island, une toute petite île située à quelques 300 m du rivage. Omey Island a la particularité de n’être accessible qu’à marée basse, puisqu’elle n’est reliée par aucun pont ou aucun ferry autrement. Du coup, l’occasion était trop belle pour la laisser passer !… Marvin a joué les Moïses, les eaux se sont ouvertes, et on a pu traverser tranquillement sur le sable pour rejoindre Omey Island (avant de refaire la traversée dans l’autre sens 2mn plus tard parce que… en fait, y a pas grand chose à voir, sur Omey Island… 😜).
Après ce moment “biblique”, nous avons continué notre chemin vers le nord en longeant la côte au plus près, on a remonté le plus grand fjord d’Irlande (celui où on était déjà passés il y a deux jours), et on l’a re-longé dans l’autre sens sur l’autre rive, mais la grande différence, c’est qu’on était cette fois dans le conté de Mayo (et non plus dans celui de Galway) !
D’un côté comme de l’autre, on était, une fois de plus, bouche bée devant les paysages grandioses du Connemara, et même si la vue du Croagh Patrick (la montagne sacrée des Irlandais, avec sa forme presque parfaitement conique) au loin, de l’autre côté, nous a motivé un peu pour monter plus au nord, on a quand même préféré rester un peu plus longtemps au pied des montagnes, entre un petit lac et une grande plage de sable blanc, pour une dernière nuit dans le Connemara…
Le talon d’Achill…
Bon, ça faisait quelques temps qu’on ne longeait plus de péninsule et… ça commençait à nous manquer. Du coup, aujourd’hui, on a fait coup double! Après avoir longé la côte et la pseudo-péninsule qui la précède, nous avons franchit l’Achill Sound pour conquérir l’île du même nom (c’est à dire Achill Island)! Bon, cette fois, il y avait un pont… Du coup, c’était moins “aventure” qu’à Omey Island… 🤓
Achill Island est la plus grande île d’Irlande, avec une superficie de 148 km2. Ses paysages montagneux, ses falaises vertigineuses (les 3ème plus hautes d’Europe) et ses plages idylliques aux allures de Caraïbes ont inspiré de nombreux artistes (dont le peintre Paul Henry, qui a vécu 10 ans sur l’île), et c’est aussi sur Achill qu’a été tourné le film “Les Banshees d’Inisherin” (de Martin McDonagh, avec Colin Farrell et Brendan Gleeson) en 2022. C’est la côte sud de l’île que nous avons parcouru aujourd’hui, dont les “petites” falaises de Cloughmore (où a été tourné une partie du film de McDonagh), les “plus grandes” falaises blanches d’Ashleam et la jolie plage de carte postale de Keem (où a aussi été tournée une partie du film de McDonagh), tout au bout de l’île (c’est à dire, dans ce qu’on pourrait appeler le… talon d’Achill ! 🤣). Notre but aujourd’hui était juste d’arriver jusqu’au bout de l’île pour profiter de la fraicheur de demain matin pour faire une randonnée jusqu’au “très grandes” falaises de Croaghaun (inaccessibles en voiture). Du coup, on s’est installés tout près du Lough Accorrymore, un petit lac à flanc de montagne avec une vue imprenable sur toute la plaine et la baie de Dooagh, juste davant nous. Demain matin, on n’aura plus qu’à enfiler les chaussures, agripper les bâtons de marche et commencer à marcher droit devant, jusqu’au bord du précipice (à 6 km de marche et 500m de dénivelé d’ici, quand même… 🥴).
Une île dans le ciel…
Comme prévu, nous nous sommes lancés ce matin à l’assaut du Croahaun. Il n’y a pas vraiment de chemin balisé pour arriver jusqu’au sommet, alors on a suivi les sentiers laissés par les moutons, en essayant de garder un cap et en s’inventant un chemin dans les landes de bruyère. La montée fait un peu plus de 500 m de dénivelé, mais elle se fait plutôt facilement. Ou alors, c’était peut-être l’émotion de voir les falaises du Croaghaun qui nous a poussé… Quoi qu’il en soit, nos efforts ont été largement récompensés !… Toute description du panorama depuis le sommet serait sans doute largement inférieure à la beauté des paysages, et à ce moment tout simplement splendide à contempler les nuages essayer de grimper le long de la falaise avant de retomber lentement et de se dissiper au dessus de l’océan. Les falaises du Croaghaun sont (très) hautes, mais en plus d’être impressionnantes, elles semblent être posées dans un écrin sublime où le vert de l’herbe, le bleu profond de l’océan et le blanc pur des nuages semblent s’allier à la perfection. Tout en bas, on aperçoit la plage de Keem et son sable blanc, et à l’est, c’est toute l’île d’Achill qui se dessine dans la brume comme dans une aquarelle. Quelques lacs reflètent la lumière du soleil et, au large, une multitude d’îles, petites ou plus grandes, semblent saupoudrer la côte d’autant de confettis. Un endroit magique comme on en trouve peu, sans doute…
De retour dans la vallée, nous avons continué notre chemin sur la côte nord de l’île, en s’arrêtant d’abord au village abandonné de Slievemore, triste témoin de la Grande famine de 1845 qui provoqua des millions de morts et une émigration massive vers les États-Unis (entre autres). Le site du village de Slievemore indique que l’endroit était habité depuis plus de 6.000 ans, et qu’il accueillait une cinquantaine de familles avant la Grande famine (plutôt un village prospère pour l’époque). Pourtant, il a suffit d’une maladie, le mildiou de la pomme de terre, pour provoquer la plus grande famine de l’histoire de l’Irlande et une crise économique majeure dans le reste de l’Europe… En essayant d’imaginer (en vain, à vrai dire) les impacts d’une telle famine, nous avons longé la côte nord d’Achill Island pour revenir à Cloughmore où nous passerons notre dernière nuit sur l’île…
Quiz
En redescendant du Croaghaun, nous sommes tombés sur ce qui ressemble à un énorme moteur. En fait, il y’en avait 4 dans un périmètre d’une cinquantaine de mètres carrés, avec également un morceau de ce qui ressemble à un axe de transmission… On a d’abord pensé à un avion qui se serait crashé là, mais pour avoir 4 moteurs, il faudrait que ce soit un gros avion, et puis on ne pense pas qu’un avion ait un système de transmission… En plus, on a cherché sur internet et il ne semble pas y avoir eu d’accident d’avion à cet endroit… Du coup, on a notre nouveau Quiz pour ce voyage !… Qui pourrait nous confirmer (sur les photos ci-dessous), s’il s’agit bien d’un moteur, et éventuellement, de quel véhicule il pourrait provenir?… On attend vos réponses !…



































































































































Réponse de Ton du quiz: it could be from a fighter plane from the 2nd World War. As far as… Lire la suite »